Quelques mots sur…

Faire face à la tempête

Que vous soyez un internaute de passage ou un habitué de ce site, ce message est important : depuis quelque temps, chaque mois, parfois chaque semaine, nous apprenons des faits sidérants concernant l’Église catholique : parmi les prêtres, a été révélée la présence de pervers qui ont abusé d’enfants, ou de religieuses, et en plus, certains responsables, des évêques, ont protégé ces mêmes pervers. Comment ne pas penser à la souffrance des victimes, marquées à vie, qui n’ont pas été écoutées ni comprises ?

Dans la paroisse, la stupéfaction des catholiques est grande et ils ont raison : l’Église les a déçus. Pour moi, qui suis prêtre parmi vous, c’est un choc, car les prêtres représentent le Christ bon pasteur qui doit prendre soin de ses brebis. Nous proclamons chaque jour un message qui appelle à prendre la défense des pauvres, mais certains ont préféré défendre l’institution, nous proclamons que la vérité nous rendra libres, mais certains ont préféré le mensonge.

Alors je demande pardon, au nom de l’Église que je représente devant vous, comme responsable de la paroisse, comme prêtre, comme collaborateur de l’évêque. Mais je souhaite que ce pardon soit plus grand que des simples paroles, qu’il engage, qu’il aille jusqu’au bout, même si je suis conscient qu’il n’effacera pas la souffrance des victimes.

La première démarche est d’admettre les faits, que la vérité soit révélée. Si vous connaissez une personne qui veut en parler, une cellule d’écoute existe dans le diocèse, elle est composée d’un ancien magistrat, d’un psychologue, d’un psychiatre, d’un avocat et d’une infirmière scolaire. Voici son contact : parolesdevictimespaysdelaloire@gmail.com

La 2e démarche est de faire profil bas, d’entrer dans une logique de purification. C’est le rôle des responsables de notre Église, nous pouvons prier pour le pape François et son entourage car ils en ont besoin. Pour certains, la prière c’est peu, mais les chrétiens croient en sa force, et que Dieu agit avec puissance, mais dans le secret, loin des artifices et des effets spéciaux.

Une troisième démarche est de tout faire pour que cela ne se reproduise jamais. Bien sûr, c’est surtout aux responsables d’Église d’agir, mais nous pouvons faire quelque chose : pour qu’il n’y ait plus d’abus de pouvoir, il faut qu’il soit partagé. Voilà pourquoi les membres des communautés chrétiennes doivent prendre part à la vie paroissiale, comme c’est le cas dans cette paroisse et ça doit continuer. Et il est nécessaire aussi de se préoccuper de l’appel des prêtres de demain, d’oser interpeller des jeunes qui peuvent faire des prêtres authentiques, sans empiéter sur leur liberté, pour que demain les catholiques soient fiers de leurs prêtres et de leur Église.

Père Benoît Luquiau, curé

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