L’église Notre-Dame de Lourdes

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Historique :

L’église Notre-Dame de Lourdes (1931-1958), située au Pont-du-Cens et œuvre des architectes Jean et Yves Liberge. Elle est orientée du sud au nord, avec une façade monumentale sur le Pont du Cens.

L’église telle que nous la voyons aujourd’hui date de la première moitié du XXème siècle. Sa construction s’achève en 1950. Elle est l’œuvre de l’architecte nantais Yves Liberge qui a dessiné entre autre, les immeubles de la rue du Calvaire à Nantes. Cette église en béton a remplacé une ancienne petite église qui avait été édifiée après le don d’un particulier

En 1882 et 1883, 5 propriétaires Nantais ou Orvaltais dont les résidences principales ou secondaires sont situées non loin du Pont du Cens, s’adressent à l’évêque pour qu’une chapelle de secours soit construite au Pont du Cens. Ce sont : Joseph VINCENT, négociant-tanneur, Charles PELLERIN, négociant-raffineur, Louis FORTUN, commerçant, François LECHAT, notaire et Alexis JOBART, ancien notaire. L’argument essentiel est bien sûr la distance séparant le Pont du Cens des églises Saint-Félix et Saint-Similien, inconfortable à la population. Les deux paroisses nantaises concernées, Saint-Félix et Saint-Similien, ainsi que celles de Saint-Herblain et d’Orvault, réagissent de manière négative à cette demande qui amputerait leurs paroisses et leurs recettes. Les cinq promoteurs achètent en mai 1882 la propriété « tenue Decrais », désormais appelée « les Douves de la Vallée », en bas de la côte, pour 25 000 francs. Puis ils recourent à une souscription qui apporta des sommes importantes, qui paraissaient suffisantes pour construire une chapelle.

Après avoir fait recours à l’évêque et à la mairie de Nantes puis avoir été rassuré par l’évêque sur son accord, ils engagèrent les travaux en mars 1885, en confiant le projet à M. Liberge, architecte, et à M. Drouin, entrepreneur. Le devis prévisionnel était de 25 000 francs mais les travaux coûtèrent en définitive 33 000 francs, notamment à cause des fondations plus profondes qu’il fallait prévoir.
Le bâtiment achevé, l’aménagement intérieur terminé, les objets du culte achetés, le curé de Saint-Félix se rendit sur les lieux le 15 novembre 1886 et rédigea un procès-verbal de visite :  » le local est propre, décent. L’autel qui est modeste, la pierre sacrée, le tabernacle m’ont paru canoniques. Trois ornements, en bon état, m’ont été présentés: le premier, or; le deuxième, violet; le troisième, noir. Le linge est très peu nombreux, il est vrai, mais ce qui existe et qui est strictement en nombre suffisant, est convenable. » L’autorisation d’ouverture de la chapelle fut donnée par tolérance épiscopale, mais seulement en tant que chapelle privée, et le curé de Saint-Félix reçut la délégation des pouvoirs nécessaires pour bénir la chapelle, les statues et les objets du culte. Le 21 novembre 1886 la chapelle ouvrit pour la première fois ses portes aux fidèles : l’abbé Lèbre assura le culte, puis à son départ, les aumôniers de Bethléem.

Le 29 novembre 1886, le curé de Saint-Félix se plaint que la chapelle Notre-Dame de Lourdes prélève l’argent des chaises, chose réservée d’habitude aux paroisses, et monte une cloche de 25 kilos. L’autorisation de la chapelle est prorogée en juin 1887 en tant que chapelle privée et non chapelle de secours. Malgré une forte opposition du curé de Saint-Félix, la chapelle resta ouverte et fut enfin autorisée en 1889. En 1890, une sacristie est construite et l’aménagement intérieur de la chapelle se poursuit. Une souscription permet d’acquérir des statues et un chemin de croix; l’autel provient de l’ancienne église Saint-Similien. La chapelle accueille déjà 200 à 300 paroissiens en 1892 et a un presbytère. En 1893 une école de filles est fondée à proximité de la chapelle, sur une propriété vendue par M. Lumineaun charpentier. Cette école est tenue par les sœurs de Saint-Philibert. Dès octobre 1893, l’enseignement du catéchisme commence dans la chapelle et les premiers enfants du Pont du Cens catéchisés à Notre-Dame de Lourdes communient à Saint-Félix en 1895. Ce n’est qu’en 1912 qu’une autorisation épiscopale permettra aux enfants de communier dans la chapelle. Le vocable de Notre-Dame de Lourdes est érigé canoniquement en 1896.

La nouvelle paroisse de Notre-Dame de Lourdes ne naît officiellement que le 25 avril 1926, par lettre épiscopale. Le premier curé est l’abbé Poupard, à partir du 20 mai 1926. Il y est installé officiellement le 30 mai. Très rapidement l’ancienne chapelle s’avéra insuffisante et le projet d’une nouvelle église fut arrêté en 1931, sous la direction de l’architecte Liberge. Les travaux débutèrent par le chœur en 1931, puis contrairement à l’usage établi, la première pierre ne fut posée que le 25 octobre 1931 par Monseigneur Le Fer de la Motte. En novembre 1931, l’ancienne chapelle fut abattue pour poursuivre les travaux de l’église. Le 31 janvier 1937, une nouvelle église était prête à accueillir les fidèles, mais elle était hélas amputée d’une travée, de sa façade et du clocher, par manque de fonds. Néanmoins elle fut bénite le même jour par Monseigneur Villepelet. La deuxième guerre mondiale empêcha la poursuite des travaux, et la façade provisoire fut détériorée par le cyclone de mars 1951. Les travaux ne reprirent qu’en 1957 avec une façade non prévue par les plans initiaux et qui symbolise la grotte de Lourdes renfermant la statue de la Vierge.

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Près de l’église nous pouvons admirer la grotte de Lourdes au Pont du Cens, créée dans une ancienne carrière par l’abbé Ollivier, curé de la paroisse, en 1936. Cette grotte, réplique de celle de Massabielle, est inaugurée en grande pompe le 6 septembre 1936 en présence de 2000 fidèles environ. En 1941, le pèlerinage diocésain à Lourdes rendu impossible par l’occupation allemande, l’évêque Monseigneur Villepelet organisa un rassemblement à la grotte du Pont du Cens. Mais le 25 juin 1944, tous les records d’affluence sont battus : Notre-Dame de Lourdes, épargnée par les bombardements, accueille Notre-Dame de Boulogne, statue créée en 1938 à Boulogne sur Mer pour commémorer le tricentenaire du vœu de Louis XIII, qui en remerciement de sa victoire sur les Espagnols, consacra la France à la Vierge. En 1942, 4 statues de Notre-Dame de Boulogne entamèrent un périple à travers toute la France en guerre. Celle de Nantes passe un mois dans la Poche de Saint-Nazaire. Vingt mille personnes assistent à Nantes à la grand-messe qui se déroule sur le terrain devant la grotte. Puis le 14 octobre 1945, plusieurs milliers d’anciens prisonniers, de déportés ou de rapatriés, s’y retrouvent une nouvelle fois pour prier.

 

 

Plan d’accès:
26 route de Rennes – 44300 NANTES – 02 40 76 40 21


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