L’église Saint Dominique

Saint Dominique

Historique :

En 1958, Monseigneur Villepelet, évêque de Nantes, décide de former un nouveau centre religieux dans les quartiers nord de Nantes. Une telle décision peut étonner, puisque l’église de Saint-François d’Assise est toute neuve, mais celle-ci, construite à la limite ouest de la Jonelière, se trouve trop éloignée des grands ensembles projetés au Chêne des Anglais, à la Boissière, au Bout des Pavés ou au Bout des Landes. L’abbé Clouet est chargé de s’occuper de ce centre religieux; en septembre 1958 il rejoint d’abord l’équipe pastorale de Notre-Dame de Lourdes. Très rapidement, en 1959, un baraquement comprenant un logement et une chapelle est érigé sur un terrain le long de la route de la Chapelle-sur-Erdre (à l’emplacement de l’actuelle médiathèque Nord). Ce baraquement accueillait pendant de longues années l’école publique du quartier de Saint-Médard, à Doulon, avant d’être racheté aux Domaines et remonté par des bénévoles près des baraquements de la cité du Chêne des Anglais.

Rapidement, on s’aperçoit que cet emplacement est trop excentré par rapport aux quartiers où l’urbanisation est en cours : les premiers habitants de la cité de la Boissière arrivent en février 1959 alors que les lotissements des Renards et de la Rivière sont construits en 1958. Le choix du nouvel emplacement de l’église se porte alors sur une tenue maraîchère rue des Renards à la limite des cressonnières, que son propriétaire s’apprêtait à lotir. Contacté par l’abbé Clouet, il accepte de vendre une parcelle de 4 150 m² pour la future église. Un nouvel hangar est érigé alors dans la partie haute de ce terrain : c’est un hangar de 10 m de large sur 26.5 de long, capable d’accueillir 440 personnes assises. Le 26 mars 1959, jour du Jeudi Saint, l’abbé Clouet s’y installe et le chanoine Dubreuil bénit cette chapelle préfabriquée le 31 juillet 1960. Dès le mois d’août, de nombreuses familles commencent à arriver, deux messes ont lieu chaque dimanche, puis bientôt 3. Cinq cent enfants assistent au catéchisme. L’abbé Jacques Bossard est nommé vicaire afin de seconder le curé Clouet.

La chapellenie de Saint-Dominique est créée sur décision de Mgr Villepelet, le 1er novembre 1960. Saint-Dominique n’est donc qu’une chapelle et ses prêtres demeurent sous la responsabilité de Notre-Dame de Lourdes, même si cette tutelle est très théorique puisque l’abbé Clouet mit en place la paroisse Saint-Dominique sans en référer au curé de N-D de Lourdes. Un second vicaire, Joseph Luton, est nommé en juillet 1961. Rapidement, le baraquement s’avère insuffisant et un local est construit plus bas sur le terrain en pente pour servir au culte, puis au catéchisme. Il faut donc construire une église définitive, mais avec quel argent? Et quelle église construire?

Afin de répondre à la nécessité du financement, les paroisses nouvelles se sont regroupées au sein du Groupement des Paroisses Associées (GPA) afin de rassembler les financements nécessaires aux églises des Dervalières, du Pin Sec, de la Bouvardière, du Château à Rezé… Le GPA avait lancé un emprunt au même taux que celui des caisses rurales mais qui était directement géré par l’association. Pour réunir les fonds, les prêtres de l’association, une vingtaine, s’organisaient pour aller prêcher dans les différentes paroisses du département. Le coût de l’église de Saint-Dominique s’était élevé à 80 000 000 de francs de l’époque, soit environ 5 millions de francs actuels, couverts par l’emprunt et les quêtes dans le diocèse.

Un premier projet architectural avait été élaboré par l’architecte Salmas mais n’avait pas été accepté par l’abbé Clouet, qui se tourna alors vers le beau-frère de Salmas, l’architecte Michel Desmars. Celui-ci mit au point le projet architectural de l’église Saint-Dominique. C’est d’abord le presbytère qui fut construit en 1962-1963. Les prêtres s’y installèrent le 22 juin 1963. Le style dépouillé de l’église, la grande simplicité des lignes et des formes ont été des choix délibérés pour que l’église puisse s’intégrer au cœur de la cité HLM de la Boissière. Certains regrettaient l’absence de clocher. Constituée d’une grande salle de 854 places assises, l’église Saint-Dominique pouvait rassembler tous les chrétiens du grand quartier Boissière. C’est l’entreprise Robin qui fut chargée du gros œuvre.
Les murs sont en béton armé, la charpente en sapin de Norvège collé, est constituée de poutres; chacune d’elles mesure 30 mètres de long, 1.2 mètres de largeur en son milieu et pèse près de 3 tonnes. Leur mise en place fut spectaculaire et nécessita l’intervention de deux grues mobiles géantes pour l’époque. Le chœur, en schiste sombre, contraste avec la blancheur des murs, le tout donnant une sensation d’abondance. La lumière converge vers le chœur par une série de vitres transparentes situées en haut des murs.

Plan d’accès :
50 rue des Renards – 44300 NANTES – 02 40 76 70 71


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