Quelques mots sur…

Pâques

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » –  Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 40

 

Nous vivons des temps où les cadavres jonchent nos sols, alors que des guerres et le terrorisme sacrifient d’innombrables innocents. L’alcool, la drogue, la vitesse disloquent des familles. Des églises, mosquées et synagogues sont saccagées. Certains rejettent la faute sur le musulman, le juif, l’émigré et attisent la haine. Des chrétiens eux-mêmes blessent des vies. Les médias se précipitent sur ces horreurs  à tel point qu’il est difficile d’échapper à un tel déferlement.

Il y a de quoi être pris de vertige et se demander s’il est possible d’en sortir. Mais au cœur de ces ombres surgissent des traits de lumière. Au sein d’associations dont les journaux ne parlent presque jamais, des femmes et des hommes, sans faire de bruit, viennent en aide aux plus fragiles, proposent de la nourriture, un accompagnement, une écoute ou un toit. D’autres enseignent le français à des migrants épuisés et désireux de s’intégrer dans une culture nouvelle. Beaucoup ont compris que sauvegarder l’environnement, c’est aussi respecter les êtres humains, leur santé et leur cadre de vie. D’autres encore viennent en aide aux personnes fragilisées par la maladie, la solitude ou la vieillesse, et soulagent la rudesse de notre monde pour les plus faibles et les plus lents.

A travers tous ces témoignages, nous les chrétiens, nous reconnaissons le sillage lumineux de la résurrection du Christ. Toutes ces actions enchantent la vie et lui donnent sens. Quand Jésus meurt sur la croix, il traverse toutes les violences de notre monde, il va au-delà de la mort pour y apporter la vie. A sa suite, c’est ce que font toutes ces personnes qui croient que malgré bien des laideurs, la vie est faite pour être belle.

Il faut admettre que les disciples de Jésus ont eu bien du mal à comprendre ce qui se passait. Après la mort violente et humiliante de leur maître, ils étaient accablés et dispersés. D’abord ils n’ont pas cru à la résurrection du Christ. Puis en rencontrant Jésus lui-même, leur foi a grandi, elle est devenue si forte qu’ils sont devenus les témoins de cette vie, jusqu’au don d’eux-mêmes. Dieu a voulu que la vie soit belle, et il s’en charge jusqu’au bout. Voilà ce qui nous anime, dans la paroisse Sainte-Catherine, dans les groupes, mouvements où nous passons du temps : malgré sa discrétion,  Dieu est la croix vide, le tombeau ouvert et le printemps.

Benoît LUQUIAU

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